mercredi, 04 juin 2008

Promesses et conséquences

chalutier-460.jpgLe bruit des hélicos, des sirènes et des véhicules anti-émeutes me sortent de cette torpeur bloguesque pour aborder un sujet qui agite aujourd'hui les artères de Bruxelles. Les pêcheurs français, chauffés à blanc par les promesses de Nicolas Sarkozy, s'en sont pris aujourd'hui à la Commission Européenne. Celle-ci a eu le mauvais goût de ne pas cautionner la politique française relative à sa flottille.

La question est de savoir comment le monde de la pêche peut encore survivre à l'épuisement des ressources et à l'augmentation du prix du gazole. Il est aujourd'hui bien plus difficile de trouver du poisson malgré l'amélioration des techniques de pêche. Pourtant nos pêcheurs sont en plein déni. Il y a quelques années, j'en entendais évoquer la responsabilité des phoques dans la décroissance du stock halieutique constatée par les scientifiques sur la base de campagnes menées chaque hiver en Manche et mer du Nord. Aujourd'hui, l'impact du changement climatique est reconnu. La surpêche est un facteur parmi d'autres, mais il est l'un des seuls paramètres sur lequel l'homme a prise par la mise en place d'une politique de quotas. La flottille souffre doublement de ne pas s'être modernisée. Comparée à celle de nos voisins européens, elle est bien trop gourmande en gazole.

La Commission Européenne force la France à tenir un discours et à mener une politique responsables. Nombreux sont les pêcheurs qui devront se reconvertir, malgré une demande en poisson qui augmente. Il faut étudier les solutions à court et moyen terme au lieu de saupoudrer les aides. On peut trouver ce discours froid et détaché face à la détresse d'hommes qui perdent la possibilité de prendre le large. Mais est-ce leur rendre service que de tenir un discours démagogique, comme le fait Nicolas Sarkozy depuis l'épisode du Guilvinec ? A quelques jours du début de la présidence française de l'UE, voilà qui accroît le discrédit de la France, qui, par ses mesurettes prolonge la crise et la déplace dans les rues de Bruxelles.

dimanche, 24 février 2008

Un exercice vulgaire de la présidence

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Ce sont les mots de Pierre Moscovici pour qualifier la Présidence de Nicolas Sarkozy. Et encore, la dernière vidéo sur son tempérament de charretier (auquel les bretons avaient déja goûté) au dernier salon de l'agriculture n'était pas arrivée aux yeux de ce leader socialiste.

Vu de Bruxelles, il est très frappant de constater que chaque personne que vous croisez vous parle de la dimension très peu présidentielle de Nicolas Sarkozy. Et il est n'est pas évident de se placer sur un terrain partisan avec des personnes que l'on connaît peu, on prend des pincettes, on ne s'affiche pas d'emblée socialiste avec des collègues. Donc l'avis que l'on reçoit dépasse les convictions politiques des uns et des autres. Et c'est la grosse poilade généralisée. Le Président Français est moqué, son goût pour l'argent étonne, l'affichage de sa vie privée est relevé, les frasques de Neuilly sont commentées en large et en travers, le poids de l'histoire qu'il veut faire peser sur les enfants de CM2 surprend ...

Et nos amis belges ne sont pas les seuls visiblement à se gausser ! La presse internationale se fait assassine, la complaisance des journaux Français n'est pas de mise chez nos voisins. Il aura fallu tout le poids du "frère" du Président, Arnaud Lagardère, pour censurer les affiches du dernier numéro de Courrier International, car un titre en haut de l'affiche reprenait la traduction d'un édito espagnol : "Sarkozy, ce grand malade".

Mais au fond, tout ceci n'est vraiment pas drôle. Cette avalanche de bourdes, de pétages de plombs, de prises de positions à l'emporte-pièce, de détournements du droit ne peut pas durer encore 4 ans. Comme le dit Ségolène Royal, il va falloir que le "gouvernement redevienne sérieux". Personne ne peut se réjouir des frasques du gouvernement et de l'Elysée, car ce n'est pas une grogne qui monte, mais un véritable désespoir qui fait grandir le discours "tous pourris".

samedi, 05 janvier 2008

Des offres "acceptables"

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Après les immigrés que Brice Hortefeux doit expulser à coup de charters pour avoir une bonne note et éviter la fessée publique, Nicolas Sarkozy choisit de cibler les demandeurs d'emploi qui, c'est bien connu, sont tous des feinéants équipés d'écrans plasmas. Tu refuses deux offres d'emploi "acceptables", et hop, t'es radié. Plus de droits, plus rien. Il faut vraiment n'avoir jamais été au chômage pour envisager une telle stupidité. Et comme j'ai eu la joie, que dis-je l'oisiveté suprême de gonfler les chiffres de demandeurs d'emploi pendant quelques temps, je voudrais en dire deux mots.

Qu'est-ce que ça veut dire "acceptable" ? Si on se base sur des critères tels le code ROME et la localisation géographique, c'est loin d'être suffisant ! Vous êtes ingénieur de recherche spécialisé dans l'étude de la croissance des huîtres et voilà qu'on va vous proposer une mission sur des questions liées au risques nucléaire. La théorie et la pratique en la matière sont deux choses bien différentes, et le temps disponible pour retrouver un emploi dans ses cordes se retrouvera vite écoulé ! Cette suspicion tend à faire oublier que les gens en cette période difficile ont tôt fait d'accepter un peu tout ce qui se présente pour enfin retrouver une vie normale, avec des projets.

Il s'agit donc encore de stigmatiser une catégorie de population fragilisée et qui ne peut pas porter ses revendications. Une catégorie de population que les "bons" français pourront regarder de travers en toute bonne conscience. Christine Lagarde est aujourd'hui obligée de reconnaître que seule une "infime minorité" de demandeurs d'emplois refuse d'entrer dans le système, "moins de 1%". Et bien voilà qui met en danger notre société et qui nécessitait bien une annonce gouvernementale, un stress inutile aux demandeurs d'emplois et les feux des projecteurs !! Mais est-ce que seuls ces 1% de chômeurs seront ciblés où alors la politique des chiffres prendra t-elle encore le dessus, au risque de jeter hors du système un bien plus grand nombre de personnes ?

La politique de la stigmatisation et de la confrontation continue. Et ce faisant, notre Président et son gouvernement fantôme contournent la question essentielle : 2 millions de chômeurs ne trouvent pas d'offres compatibles avec leur formation et leur niveau d'expérience.

mardi, 20 novembre 2007

Un peu d'audace : soutien aux grévistes !

A l'image de Jean-Pierre Pernaud, les médias véhiculent une image très négative des mouvements sociaux en reprenant à l'envie les termes de "prise d'otages", en inondant nos écrans de la "grogne des usagers" ou en faisant débuter leurs journaux par des sondages d'opinion (y compris sur France Inter, misère). Les grévistes partent perdants dans cette bataille de communication et de chiffres. Une petite paranthèse néanmoins, des slogans tels "Bloquons la France" ou "37,5 annuités pour tous" sont caricaturaux et desservent le mouvement.

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de l'image que ces mouvements ont dans l'opinion. Le gouvernement surfe d'ailleurs allègrement sur la radicalisation des positions et accroît les clivages entre les Français en repoussant les négociations qui auraient dû commencer au lendemain du 18 octobre. Il alimente les haines, envoie les CRS aux étudiants et dans le même temps agrave encore davantage le déficit de la Sécurité Sociale pour compenser la hausse du prix du pétrole.

Sur le net, il est possible de dénicher quelques documents de décrytage qui permettent de mieux comprendre les revendications des uns et des autres et de relever quelques imprécisions/manipulations journalistiques :
- des cheminots relèvent les mensonges de Nicolas Sarkozy et rappelons que ces "privilégiés" ne touchent plus la prime de charbon !
- la surexposition des usagers en colère
- quand Libé fait croire que les étudiants parquent les journalistes derrière des barbelés.

Edit, à lire aussi : Sommes-nous devenus des moutons ? de Nicolas Cadène (si si j'insiste).

mercredi, 31 octobre 2007

Nicolas Sarkozy perdrait (encore) ses nerfs ?

On se rappelle du débat qui avait opposé Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy entre les deux tours de l'élection présidentielle. On se rappelle comment ce dernier l'avait sermonée sur la nécessité pour un présidentiable, et par extension, pour un président, de garder ses nerfs ...

Voici une longue version sous-titrée du reportage que Sixty minutes a consacré à ce président qui étonne la planète et tonne sur ses collaborateurs. Le portrait ne se limite pas à ce coup de colère qu'ont repris nos chaînes nationales et résume les clés de l'état de grâce que traverse encore Sarkozy malgré des accrocs au niveau Européen notamment.

Ce type de reportages nous vient la plupart du temps de l'étranger ... mais Arrêt sur Images continue toujours son travail de décryptage et relaie gaffes et plans de comm'.

vendredi, 21 septembre 2007

Vers toujours plus de sans-papiers

refugies_rue89-460.jpgN'ayant pas de compétences juridiques, je ne vais que relayer ce qu'on trouve sur d'admirables blogs spécialisés parfois tenus par des juristes de droite d'ailleurs. La loi sur la maîtrise de l'immigration votée cette nuit à l'Assemblée Nationale regorge d'amendements tous plus détestables les uns que les autres et l'opinion publique doit se mobiliser avant la lecture au Sénat.

Les conditions du regroupement familial ont retenu l'attention de tous ces derniers jours par le fameux amendement de Thierry Mariani qui instaure des tests ADN (volontaires désormais, mais on se doute de ce qu'il adviendra de ceux qui refuseront) pour établir la filiation. Cet amendement a fait l'objet d'un débat avant le vote de la loi et la gauche s'est pleinement exprimée.

Mais qu'advient-il quand aucun projecteur n'est rivé sur l'Assemblée, comme c'était le cas cette nuit, ou que la gauche "oublie" de s'intéresser à d'autres points moins immédiatements scandaleux ? Le texte réforme aussi la législation sur le droit d'asile. Durcit devrait-on dire. Après que l'OFPRA ait rendu une première décision, le délai de recours possible passe par la grace de l'amendement 69 de un mois à 15 jours, ce qui rend la procédure matériellement impossible. Pendant ce délai le requérant doit prendre connaissance de la décision, apporter de nouveaux éléments matériels qui motivent sa demande (qui se trouvent probablement dans son pays d'origine), bénéficier des services d'un interprète, requérir une aide juridique et tenir compte de l'acheminement de la demande par courrier recommandé. Impossible donc.

Les députés (de droite) viennent donc en première lecture de restreindre considérablement l'immigration légale liée aux persécutions. Circulez, on s'en fiche. Et ce par la petite porte, par des moyens détournés. Bougeons-nous, focalisons 1000 projecteurs sur cette nouvelle atteinte grave au droit des personnes fragiles. Mais qu'est-ce qui pourra retenir ces personnes en détresse d'entrer illégalement sur notre territoire ? Il est probable que ce texte profitera à l'immigration clandestine et à son lot de misère, de drames et d'exploiteurs. De quoi donner d'avantage de boulot au Ministère de Brice Hortefeux tout absorbé à remplir les quotas d'explusion définis par Nicolas Sarkozy.

La Nausée, blog de Maître Eolas.
Le diable est dans les détails, Radical chic.
En catamini dans la nuit, blog d'Autheuil.
"Quand vous ne pouvez pas supprimer un droit... ", blog de Versac
Lassitude - Et merci à Etienne Pinte, blog de Koz.

lundi, 27 août 2007

Sarkozy nous prend pour des c...

cc7ec88626fa924f51fa41f5de80d816.jpgHistoire déja relayée sur de nombreux blogs (ici, , et ici ...) mais qui peut l'être encore tant elle illustre le cynisme de notre Président. Le 1er mai 2007, entre les deux tours de l'élection présidentielle, il vantait les mérites des travailleurs des jours fériés, flattait dans le sens du vent cette France qui travaille, en allant rendre visite à nos scrutateurs du front d'Ouessant postés au CROSS Corsen. Yasmina Reza révèle dans son dernier ouvrage le fond de la pensée du candidat UMP. Visiblement cette visite ne l'enchantait pas avant de prendre conscience des dividendes qu'il pouvait en tirer en termes d'image :
« Qu'est-ce qu'on va foutre dans un centre opérationnel sinistre à regarder un radar ? Qui a eu cette idée de demeuré ?... Je me fous des Bretons. Je vais être au milieu de dix connards en train de regarder une carte ! (...) Derniers jours de campagne dans une salle à voir une carte ! Grand sens politique vraiment !... »

Ces "connards" sauvent des vies, ils repèrent les navires en perdition, lancent les Abeilles à leur secours, nous évitent d'autres Erika, régulent le traffic de la zone marîtime la plus fréquentée au monde. Des gens qui visiblement ne méritent pourtant pas le respect d'un candidat à la présidence. Et on s'étonne que les électeurs déconsidèrent de plus en plus ceux qu'ils élisent.
Ceci dit le désamour est réciproque, La Bretagne a voté à 52,62% pour la candidate de gauche au second tour.


Hypocrisie, le mot est lâché ...
Sarkozy en rupture avec les Bretons
envoyé par raph66

A lire : Libération et Le Télégramme (27/08).

jeudi, 14 juin 2007

Une TVA pour les pauves

TVA-sociale-460.jpgLa TVA est l'impôt indirect le plus injuste par excellence. Il touche indistinctement toutes les classes de la société, sur l'achat d'un paquet de pâtes comme sur celui d'une maison. Le gouvernement veut impulser une hausse très forte à cette TVA et réduire dans le même temps les charges des entreprises afin que celles-ci répercutent la baisse de charges sur les services et produits offerts aux clients. L'objectif affiché est d'améliorer la concurrence entre les entreprises françaises et les autres.

Idée louable en théorie. Ca peut même paraître malin, moduler la TVA peut être un outil efficace de régulation. Mais qui peut croire une seconde que l'effet sera mécanique ? Qui peut croire que ceci participe à la lutte contre la vie chère ? Qui peut croire que les certaines entreprises ne vont pas empocher d'une manière ou d'une autre ces allègements de charges et augmenter leurs dividendes ? De quelles sécurités pour les consommateurs cette mesure s'accompagnera-elle ?

Certes, en l'appellant "TVA sociale" ou "TVA anti-délocalisation", le gouvernement habille de manière respectable une proposition inique. Qui est contre le social, qui est pour les délocalisations ? Personne. En tous cas c'est déja Noël pour les entreprises, qui ont déja vu le recours aux heures supplémentaires allégé de leurs charges. Mais ce sont des retraites, de la qualité des soins, de la solidarité en moins ... tant de valeurs abandonnées.

EDIT : à lire, l'excellent billet de Fred de "Et Maintenant ?" : TVA, copie à revoir.

vendredi, 18 mai 2007

Bernard Kouchner a accepté ...

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... de servir de caution morale à une politique étrangère atlantiste,
... d'entrer dans un gouvernement dont le numéro deux a été condamné en première instance à dix d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, cette peine ayant été ramenée à un an en appel,
... de jeter un voile pudique sur une campagne présidentielle populiste mêlant immigration et identité nationale, et qui n'a jamais occulté le libéralisme assumé de Nicolas Sarkozy,
... d'entrer dans le cercle d'une présidence tape à l'oeil et showbizznesque,
... d'affaiblir la gauche après 12 ans de Présidence Chirac. De donner à la droite la perspective d'un pouvoir sans partage. L'UMP pourrait avoir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale.

Bernard Kouchner est un homme de convictions qui préfère souvent l'action au contact de l'enfer, plutôt que les indignations à distance ... jusqu'à devenir administateur du Kosovo. Il a estimé avoir été sous-employé par la gauche.
Pour autant, en acceptant de figurer dans un gouvernement « d'ouverture », il sera probablement dans quelques mois le futur Azouz Begag du gouvernement Fillon 1er, qui découvrira naïvement que l'on s'est servi de lui pour une politique et des méthodes qu'il ne peut cautionner.

N.B. 17h51 : Sans vraiment comprendre cet engagement de Kouchner, il me semble contre-productif de l'exclure du Parti Socialiste dans ces conditions, alors qu'il est la personnalité de gauche préférée des Français. Après que le PS ait été particulièrement clément envers Laurent Fabius lorsque celui-ci a fait campagne contre le TCE, après un processus d'exclusion de Georges Frêche particulièrement long (et fait sous la pression médiatique), ... la rapidité de l'exclusion de Kouchner, décidée en contournant la commission des conflits, est mal perçue par la blogosphère.

mardi, 08 mai 2007

Les premiers actes d'une présidence

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L'envie de réagir sur ce sujet a précédé le billet de Christophe Barbier sur le même thème, mais je me lance quand même.
Hier le web vombrissait d'une interrogation, mais où est passé le nouveau Président de la République ? Disparu de la circulation après une soirée people au Fouquet's prolongée au Casino Fouquet's Barriere. On apprenait en fin de journée qu'il avait choisi d'aller se prélasser quelques jours sur un yatch de 60 m de long au large de Malte. Personne ne lui tiendra rigueur de vouloir se reposer après une telle campagne. Pour autant son attitude rappelle plutôt celle d'un d'une star du show-bizz, que celle d'un chef d'Etat.
Nicolas Sarkozy aura aussi délibéremment refusé de participer aux cérémonies du 8 mai 1945, au contraire de Jacques Chirac en 1995 avant la passassion de pouvoirs avec François Mitterrand.
Il est des actes symboliques qui ne trompent pas sur la grandeur de notre nouveau Président.