vendredi, 21 septembre 2007
Vers toujours plus de sans-papiers
N'ayant pas de compétences juridiques, je ne vais que relayer ce qu'on trouve sur d'admirables blogs spécialisés parfois tenus par des juristes de droite d'ailleurs. La loi sur la maîtrise de l'immigration votée cette nuit à l'Assemblée Nationale regorge d'amendements tous plus détestables les uns que les autres et l'opinion publique doit se mobiliser avant la lecture au Sénat.
Les conditions du regroupement familial ont retenu l'attention de tous ces derniers jours par le fameux amendement de Thierry Mariani qui instaure des tests ADN (volontaires désormais, mais on se doute de ce qu'il adviendra de ceux qui refuseront) pour établir la filiation. Cet amendement a fait l'objet d'un débat avant le vote de la loi et la gauche s'est pleinement exprimée.
Mais qu'advient-il quand aucun projecteur n'est rivé sur l'Assemblée, comme c'était le cas cette nuit, ou que la gauche "oublie" de s'intéresser à d'autres points moins immédiatements scandaleux ? Le texte réforme aussi la législation sur le droit d'asile. Durcit devrait-on dire. Après que l'OFPRA ait rendu une première décision, le délai de recours possible passe par la grace de l'amendement 69 de un mois à 15 jours, ce qui rend la procédure matériellement impossible. Pendant ce délai le requérant doit prendre connaissance de la décision, apporter de nouveaux éléments matériels qui motivent sa demande (qui se trouvent probablement dans son pays d'origine), bénéficier des services d'un interprète, requérir une aide juridique et tenir compte de l'acheminement de la demande par courrier recommandé. Impossible donc.
Les députés (de droite) viennent donc en première lecture de restreindre considérablement l'immigration légale liée aux persécutions. Circulez, on s'en fiche. Et ce par la petite porte, par des moyens détournés. Bougeons-nous, focalisons 1000 projecteurs sur cette nouvelle atteinte grave au droit des personnes fragiles. Mais qu'est-ce qui pourra retenir ces personnes en détresse d'entrer illégalement sur notre territoire ? Il est probable que ce texte profitera à l'immigration clandestine et à son lot de misère, de drames et d'exploiteurs. De quoi donner d'avantage de boulot au Ministère de Brice Hortefeux tout absorbé à remplir les quotas d'explusion définis par Nicolas Sarkozy.
La Nausée, blog de Maître Eolas.
Le diable est dans les détails, Radical chic.
En catamini dans la nuit, blog d'Autheuil.
"Quand vous ne pouvez pas supprimer un droit... ", blog de Versac
Lassitude - Et merci à Etienne Pinte, blog de Koz.
00:15 Ecrit par Alice dans Exploits de notre nouveau Président & Co | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, Sarkozy, droite
jeudi, 14 juin 2007
Une TVA pour les pauves
La TVA est l'impôt indirect le plus injuste par excellence. Il touche indistinctement toutes les classes de la société, sur l'achat d'un paquet de pâtes comme sur celui d'une maison. Le gouvernement veut impulser une hausse très forte à cette TVA et réduire dans le même temps les charges des entreprises afin que celles-ci répercutent la baisse de charges sur les services et produits offerts aux clients. L'objectif affiché est d'améliorer la concurrence entre les entreprises françaises et les autres.
Idée louable en théorie. Ca peut même paraître malin, moduler la TVA peut être un outil efficace de régulation. Mais qui peut croire une seconde que l'effet sera mécanique ? Qui peut croire que ceci participe à la lutte contre la vie chère ? Qui peut croire que les certaines entreprises ne vont pas empocher d'une manière ou d'une autre ces allègements de charges et augmenter leurs dividendes ? De quelles sécurités pour les consommateurs cette mesure s'accompagnera-elle ?
Certes, en l'appellant "TVA sociale" ou "TVA anti-délocalisation", le gouvernement habille de manière respectable une proposition inique. Qui est contre le social, qui est pour les délocalisations ? Personne. En tous cas c'est déja Noël pour les entreprises, qui ont déja vu le recours aux heures supplémentaires allégé de leurs charges. Mais ce sont des retraites, de la qualité des soins, de la solidarité en moins ... tant de valeurs abandonnées.
EDIT : à lire, l'excellent billet de Fred de "Et Maintenant ?" : TVA, copie à revoir.
22:55 Ecrit par Alice dans Exploits de notre nouveau Président & Co | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : droite, gouvernement, élections
vendredi, 18 mai 2007
Bernard Kouchner a accepté ...

... de servir de caution morale à une politique étrangère atlantiste,
... d'entrer dans un gouvernement dont le numéro deux a été condamné en première instance à dix d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, cette peine ayant été ramenée à un an en appel,
... de jeter un voile pudique sur une campagne présidentielle populiste mêlant immigration et identité nationale, et qui n'a jamais occulté le libéralisme assumé de Nicolas Sarkozy,
... d'entrer dans le cercle d'une présidence tape à l'oeil et showbizznesque,
... d'affaiblir la gauche après 12 ans de Présidence Chirac. De donner à la droite la perspective d'un pouvoir sans partage. L'UMP pourrait avoir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale.
Bernard Kouchner est un homme de convictions qui préfère souvent l'action au contact de l'enfer, plutôt que les indignations à distance ... jusqu'à devenir administateur du Kosovo. Il a estimé avoir été sous-employé par la gauche.
Pour autant, en acceptant de figurer dans un gouvernement « d'ouverture », il sera probablement dans quelques mois le futur Azouz Begag du gouvernement Fillon 1er, qui découvrira naïvement que l'on s'est servi de lui pour une politique et des méthodes qu'il ne peut cautionner.
N.B. 17h51 : Sans vraiment comprendre cet engagement de Kouchner, il me semble contre-productif de l'exclure du Parti Socialiste dans ces conditions, alors qu'il est la personnalité de gauche préférée des Français. Après que le PS ait été particulièrement clément envers Laurent Fabius lorsque celui-ci a fait campagne contre le TCE, après un processus d'exclusion de Georges Frêche particulièrement long (et fait sous la pression médiatique), ... la rapidité de l'exclusion de Kouchner, décidée en contournant la commission des conflits, est mal perçue par la blogosphère.
12:05 Ecrit par Alice dans Exploits de notre nouveau Président & Co | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : droite, gouvernement
mardi, 08 mai 2007
Les premiers actes d'une présidence

L'envie de réagir sur ce sujet a précédé le billet de Christophe Barbier sur le même thème, mais je me lance quand même.
Hier le web vombrissait d'une interrogation, mais où est passé le nouveau Président de la République ? Disparu de la circulation après une soirée people au Fouquet's prolongée au Casino Fouquet's Barriere. On apprenait en fin de journée qu'il avait choisi d'aller se prélasser quelques jours sur un yatch de 60 m de long au large de Malte. Personne ne lui tiendra rigueur de vouloir se reposer après une telle campagne. Pour autant son attitude rappelle plutôt celle d'un d'une star du show-bizz, que celle d'un chef d'Etat.
Nicolas Sarkozy aura aussi délibéremment refusé de participer aux cérémonies du 8 mai 1945, au contraire de Jacques Chirac en 1995 avant la passassion de pouvoirs avec François Mitterrand.
Il est des actes symboliques qui ne trompent pas sur la grandeur de notre nouveau Président.
12:30 Ecrit par Alice dans Exploits de notre nouveau Président & Co | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droite, sarkozy




